L’Académie Charles Cros décerne un Coup de cœur au disque « Les Déments » de Denis Lavant, Jean-Jacques Birgé et Lionel Martin

L’Académie Charles Cros décerne un Coup de cœur au disque « Les Déments » de Denis Lavant, Jean-Jacques Birgé et Lionel Martin

L’Académie Charles Cros décerne un Coup de cœur au disque Les Déments de Denis Lavant, Jean-Jacques Birgé et Lionel Martin

Pochette de l'album Les Déments, Coup de coeur de l'Académie Charles Cros 2025L’Académie Charles Cros, par l’intermédiaire de sa Commission « Parole enregistrée, documents et créations sonores », a distingué le CD Les Déments d’un Coup de cœur. Cette reconnaissance met en lumière un projet à la croisée de du jazz, de l’improvisation, de la création sonore et de la poésie, avec des textes méconnus de Marcel Moreau, André Martel, Xavier Grall, André Schlesser  Derrière cette œuvre singulière, le comédien Denis Lavant, le saxophoniste Lionel Martin et le compositeur, multiinstrumentiste Jean-Jacques Birgé. La remise officielle du Coup de cœur aura lieu le samedi 31 janvier 2026

L’Académie Charles Cros, par ce Coup de cœur, salue la cohérence d’un projet qui assume sa dimension expérimentale tout en restant profondément incarné. La voix, les timbres instrumentaux et le travail sur l’espace sonore y sont pensés comme un véritable dispositif dramaturgique.

 

Denis Lavant, Lionel Martin, Jean-Jacques Birgé : un trio à la présence forte

Au cœur du projet, la voix de Denis Lavant donne corps au texte avec une intensité rare. Sa diction, ses respirations, deviennent éléments de composition au même titre que les instruments.

En regard, les musiques de Lionel Martin et Jean-Jacques Birgé construisent un environnement sonore où se mêlent motifs jazz, improvisations, textures électroniques ou acoustiques, jeux sur les dynamiques et le silence.

Cette interaction constante entre la parole et le son crée une forme de « théâtre pour l’oreille », où l’auditeur est invité à circuler dans un paysage mental et sonore.

 

Des labels engagés dans la création libre

Ce Coup de cœur de l’Académie Charles Cros vient aussi récompenser le travail du label Ouch ! Records (co producteur avec GRRR et A.P.R.E.) et sa ligne éditoriale forte, No Border, tournée vers les formes contemporaines du jazz, les musiques improvisées et les projets où la prise de risque artistique et la qualité d’enregistrement et des pochettes vont de pair.

Les Déments s’inscrit ainsi dans le catalogue du label comme une pièce incontournable, à la fois exigeante et ouverte, qui parle aussi bien aux amateurs de jazz aventureux qu’aux auditeurs curieux des nouvelles écritures sonores.

Ecouter, acheter Les Déments

 

 

Scènes, enregistrements, nouvelles sorties sur Ouch ! Records : fin d’année sans lever le pied

Scènes, enregistrements, nouvelles sorties sur Ouch ! Records : fin d’année sans lever le pied

Scènes, enregistrements, nouvelles sorties sur Ouch! Records : fin d’année sans lever le pied

Après un premier semestre fulgurant, place à une fin d’année tout aussi dense : représentations de Kreyol man la avec la compagnie d’Alfred Alerte, sortie de la bande son du spectacle composée avec Benjamin Flament, enregistrement avec Louis Sclavis, nouvelle création avec Laurent Fréchuret et Agathe Paré-Comont… Douze pays traversés avec Ukandanz et No Suicide Act. Les projets s’enchaînent, l’énergie est intacte.

 

No Suicide Act - Tournée 2025–  Le 1er semestre de l’année a été très actif pour toi. A quoi ressemble cette fin d’année ?

Lionel Martin : Cette fin d’année ressemble étrangement au début de celle-ci puisque je m’apprête à rejoindre le chorégraphe Alfred Alerte et sa compagnie pour deux représentations de Kreyol man la, l’une à la maison de la culture de Nevers pour le D’jazz festival et une autre à Cachan pour le festival Mois Kreyol. A la différence que ce n’est plus une création comme en janvier dernier ! Et qu’entretemps nous avons enregistré, produit, publié la bande son du spectacle !

Comme durant toute cette année, je jongle avec mes changements de saxo et de valises, entre Ukandanz, No Suicide Act et tout le reste…

L’autre nuit je fus pris de vertige en regardant les storys NSA et tous ces gens, ces lieux, cette énergie…

Au total, depuis janvier, c’est, je réalise, 12 pays traversés !

 

– Quels sont tes projets en cours ? Quand et comment vont-ils se matérialiser ?

LM : Projet abouti fraichement : ce merveilleux disque avec Benjamin Flament dont je parle ci-dessus, la bande son du spectacle Kreyol man la, disque à écouter en boucle pour se perdre et ne plus savoir où se trouve le début et la fin.

En cours le montage, la session d’enregistrement avec Louis Sclavis et Disque Noir à la prise de son. Nous avons des heures de musique, du partage, de la recherche et beaucoup d’âme et d’humanité à organiser maintenant. Peut-être même reprogrammerons nous une autre session d’enregistrement pour aller plus loin… Nous sommes très content du chantier.

Nous poursuivons aussi actuellement notre travail avec la danseuse Agathe Paré-Comont et le metteur en scène Laurent Frechuret sur La Force du destin, d’après Verdi. 40 minutes de spectacle pour convoquer ou invoquer les forces et les destins… Avis aux programmateurs !

On peut dire que les promesses faites sont tenues. A l’exception du projet avec Samira Negrouche. Pour raison de santé nous n’avons pu concrétiser l’enregistrement. Samira s’est ensuite envolé pour l’université de Yale. Nos agendas restent compliqués à aligner mais le projet est en toujours en cours. Patience !

 

– Du côté du label, quelles sont les prochaines sorties ?

LM : Le disque Live de NSA est bouclé, derniers détails pour la pochette à fignoler mais le disque est déjà parti pour le pressage.

Autre sortie prochaine : l’album de Zoo Bombs groupe mythique japonais qui n’a encore jamais joué en Europe… Nous nous associons pour cela au label P572 de Sam Murdock à qui l’on doit le pressage québécois d’Interbellum avec la pochette rouge et noire, et à celui de Don Matsuo (leader de Zoo bombs). Sortie à trois labels sur trois territoires : Japon, Canada, et Europe pour nous…

Tout comme le nombre de pays traversés, le nombre de disques enregistrés témoigne de l’activité intense de cette année !

La Force du destin

Répétition de la Force du destin, spectacle de Laurent Fréchuret avec la danseuse et chorégraphe Agathe Paré-Comont et le saxophoniste Lionel Martin

Kreyol man la

La bande son du spectacle du chorégraphe Alfred Alerte, composé par Lionel Martin et Benjamin Flament, est sortie sur le label Ouch! Records. Le spectacle sera présenté au Nevers D’Jazz festival et à Cachan au Mois Kreyol

Nouvel album de Louis Sclavis et Lionel Martin

Le clarinettiste Louis Sclavis et Lionel Martin au travail. Prise de son Disque Noir

Tournée Ukandanz

Depuis janvier, 12 pays traversés, la majorité avec Ukandanz

Tournée No Suicide Act

No Suicide Act devant un public québécois nombreux – Septembre 2025

Créations, tournées, disques : premier semestre 2025 intensif pour Lionel Martin

Créations, tournées, disques : premier semestre 2025 intensif pour Lionel Martin

Créations, tournées, disques : premier semestre 2025 intensif pour Lionel Martin

Entre scène, tournées, sorties de disques, studio, Lionel Martin connait un début d’année 2025 particulièrement bouillonnant : une résidence à la Martinique avec le chorégraphe Alfred Alerte en janvier, puis deux tournées avec deux formations différentes (Ukandanz et No Suicide Act), deux nouveaux disques (« Evil Plan » de Ukandanz et « Les Déments », avec Denis Lavant et Jean-Jacques Birgé), plusieurs enregistrements en cours, dont un avec la poétesse algérienne Samira Negrouche, un autre avec Louis Sclavis… Non mais comment fait-il ? Reprenons avec lui point par point.

 

Janvier : Kreyol Man La à la Martinique 

 

Ballet Kreyol Ma La - Photo : Peggy Leblanc FarguesPeux-tu rappeler la genèse du projet ?

Lionel Martin : Il s’agit d’un retour sur l’histoire et le parcours du chorégraphe Alfred Alerte. L’histoire universelle d’un petit garçon d’un quartier très pauvre de Martinique qui va s’envoler grâce à la danse

Tu as co-composé la musique du ballet avec Benjamin Flament : va-t-elle sortir en disque (sur ton label Ouch ! Records) ?

LM : Tout à fait, nous avons co-composé, tout est très naturel et évident avec Benjamin. Nous avons enregistré les représentations des spectacles à Fort de France. Tellement contents du résultat, nous avons décidé d’éditer une bande son en disque !

Pour l’instant le ballet n’a été présenté qu’à Fort-de-France. Y a-t-il des représentations prévues en Métropole ?

LM : Oui, nous jouerons en novembre à la maison de la culture de Nevers pour le Djazz Festival ainsi qu’à Cachan. Avis aux programmateurs…

 

Mars/avril : Ukandanz, tournée internationale et nouvel album

 

Ukandanz en concert à Milan - avril 2025 - Photo : Mario Di BariVous êtes partis fin mars pour une tournée en Europe centrale, de Vienne à Sofia, en passant par Milan, Budapest… après une date au Togo. Comment ça s’est passé ?

LM : La tournée a été magnifique, notre nouveau set est détonnant, belle narration, énergie au top… On retrouve Ukandanz a son meilleur niveau de jeu. Le public apprécie, nous le sentons !

Votre 6e album, Evil Plan, sorti le 18 avril, rencontre un beau succès critique, notamment en à l’étranger. Qu’est-ce qui explique, selon toi, ce succès critique quasi planétaire précisément avec cet album ?   

LM : On peut se dire que le groupe a 15 ans, que nous avons joué beaucoup, partout dans le monde et que sur la scène alternative nous sommes bien appréciés… Le fait de reprendre « War pigs » (de Black Sabbath) est un déclencheur. Je pense que cela donne une clé de lecture universelle. Même si le thème de la chanson a déjà été utilisé, je veux dire l’esprit contestataire, dans nos musiques, avec ce titre il n’y a plus besoin d’explications.

J’ai l’impression que la presse reste encore un peu timide en France, à l’exception de Radio France qui vous soutient depuis toujours. Comment l’expliquer ?

LM : Cela reste un mystère. Maintenant la presse musicale est moins en forme que nous…

 

Depuis Avril : No Suicide Act, tournée et deux disques en prévision 

 

No Suicide ActAvec FanXoa, vous avez démarré en avril une tournée de quelques dates qui va vous mener un peu partout en France, jusqu’à l’automne. Comment ça se passe ?

LM : En France, mais aussi au Canada et en Belgique ! Nous retournons au Canada en septembre prochain pour trois concerts et une sortie de disque avec pressage local ! Les concerts se passent très bien, le public est réceptif, parfois surpris par la proposition, mais au final les retours sont très bons. Phrase qui revient souvent : « ce qui a de bien avec vous les Bérus c’est que vous n’avez pas changé », c’est sympa pour FanXoa et pour moi c’est drôle, mais sacrément touchant !

Où en est le projet d’un disque live ?

LM : Le disque live est en cours, Disque noir, notre ingé son, travaille dessus, nous devrions l’avoir pour octobre. Peut-être avant, tout dépendra du « repress » Québécois de « Interbellum » version rouge et noir etc…

Et le prochain album ?

LM : Nous avons une douzaine de nouveaux titres à affiner, développer, faire tourner… Nous aimerions le voir aboutir en 2026

 

Mai : sortie de l’album Les Déments

 

Les Déments : Denis Lavant, Jean-Jacques Birgé et Lionel MartinComment est né ce projet un peu dingue avec Denis Lavant et Jean-Jacques Birgé ?

LM : Avec Jean Jacques nous rêvons et passons à l’action. Pour tout dire, Arma Lux (qui a réalisé notre clip pour Ukandanz et NSA d’ailleurs ) est un grand grand admirateur de Denis Lavant. Je lui ai offert le livre « Echappées belles », que j’ai lu avant de lui donner… Quand j’ai lu Denis parler de son rapport à la musique, j’ai eu le frisson et l’envie de jouer avec lui. Nous l’avons contacté, nous lui avons donné nos disques respectifs (mon solo avec la pochette de Robert Combas et l’hommage à Rimbaud). Il y avait des évidences, elles se sont manifestées.

Comment c’est passé l’enregistrement ?

LM : Denis a choisi des textes qu’il nous a proposé, de son côté Jean-Jacques a préparé des sons, ses instruments, son studio (qui est d’ailleurs toujours prêt, un peu comme le mien !) Nous avons échangé nos salutations autour d’un thé et d’un café alors que la neige commençait à tomber, puis très vite nous avons commencé à enregistrer ce que vous pouvez entendre aujourd’hui.

Y aura-t-il une suite ?

On ne sait jamais… après le premier album avec Jean-Jacques, « Fictions », qui aurait dit que nous partirions aussi loin avec un tel artiste !

 

Et en même temps :

 

Avec Samira Negrouche 

 

Là encore, peux-tu rappeler l’histoire du projet ?

LM : Avec Samira, j’aurais dû aller à Tlemcen en décembre dernier. Mon visa ayant été refusé nous avons travaillé à distance, elle écrivant et enregistrant les sons sur place, et moi les organisant ici en France. Il s’agit d’une commande du musée de Tlemcen, pour une écriture en lien avec le patrimoine. Cela fait la jonction avec le spectacle « J’habite en mouvement » que nous avons donné en Algérie en 2023.

On connait la situation avec l’Algérie actuellement. Est-ce que vous prévoyez malgré tout de refaire une tournée là-bas ? Où ailleurs ?

LM : Il est question d’un rendu de notre travail en juillet prochain à Tlemcen. Maintenant au vu de la situation c’est le moment de dire… Inch Allah !

 

Avec Louis Sclavis

 

Où en est votre projet de disque ?

LM : Le moment est venu d’enregistrer, nous nous sommes vus le mois dernier avec Louis, nous envisageons l’enregistrement en septembre prochain..

 

Maintenant ton secret pour gérer tout ça ?

J’avance au jour le jour et quand on me demande ce que je fais, j’ai l’impression de ne rien faire, sur le moment je ne sais jamais… C’est la nuit que je réalise et franchement ça n’aide pas à dormir. Alors je fais des gammes dans ma tête !

 

Denis Lavant s’associe à Jean-Jacques Birgé et Lionel Martin pour l’album « Les Déments »

Denis Lavant s’associe à Jean-Jacques Birgé et Lionel Martin pour l’album « Les Déments »

Denis Lavant s’associe à Jean-Jacques Birgé et Lionel Martin pour l’album « Les Déments »

« Ode à la vie, mélange des sons, force et beauté des mots sublimés par la puissance et le charisme du comédien Denis Lavant en transe avec le saxophone de Madsaxx (Lionel Martin) sur la musique débridée et sans frontières de Jean-Jacques Birgé. Liturgie rock ‘n roll ! ».

Le 9 mai prochain sortira un double CD qui nous tient très à cœur. Nous sommes si impatients de le partager avec vous que vous pouvez l’acquérir dores et déjà sur Bandcamp. Après notre vinyle Fictions inspiré par Jose Luis Borges, publié sur le label OUCH! en 2022, Lionel Martin et moi-même avons invité Denis Lavant à se joindre à nous le temps d’une journée pour improviser ensemble sur des textes choisis par le comédien. Jean-Jacques Birgé

Compositeur de musique, cinéaste, écrivain, etc.  Jean-Jacques  Birgé tient un blog hébergé sur le site de Médiapart depuis plusieurs années. Vous pouvez y lire la suite de son récit sur l’enregistrement de cet album événement, qui ne ressemble qu’à ses créateurs…

Brutal Riddim, trentième référence du label Ouch! Records : l’occasion d’un bilan

Brutal Riddim, trentième référence du label Ouch! Records : l’occasion d’un bilan

Brutal Riddim, trentième référence du label Ouch! Records : l’occasion d’un bilan

Ce 22 novembre 2024 est sorti Brutal Riddim, création rock noise signée des anciens Bass Elevator, Tony Gremmie et KptnPlanet aka Philippe « Pipon » Garcia. Brutal Riddim est le trentième disque de Ouch ! Records, label créé en 2016 par le saxophoniste et compositeur Lionel Martin. L’occasion de faire un bilan avec son fondateur.

Lionel Martin avec Robert Combas, dont deux oeuvres sont sur les pochettes des albums Solo, et Sol Energies multipliées

Lionel Martin et Robert Combas – Rhino Jazz 2021

30 références pour un label indépendant en si peu de temps, c’est beaucoup, non ? Quelle est ta recette ?

Lionel Martin : Non ce qui est beaucoup, c’est la masse d’informations que nous subissons à chaque instant. Défilent les images, les sons. On peut tout voir, tout entendre. Tout existe, est affiché et disparait tout aussi vite. Faire, produire, éditer un album c’est travailler dans le temps, marquer les choses pour le plaisir de l’instant présent et la durée.

30 disques vinyles effectivement cela commence à faire une belle mémoire, une belle collection ! Saluons ici Monsieur J. Haynes, fan helvétique, qui nous suit depuis le début et qui possède toutes nos productions… du badge Jazz Before Jazz aux K7 en séries limitées !

Pour répondre à ta question, pas de recette, le coup de cœur toujours ou plutôt la sélection des coups de cœur… Sinon nous n’aurions pas sorti 30 disques mais 300…

Ouch, c’est aussi une équipe, de la passion et de la confiance. Nous travaillons avec Emmanuelle Blanchet qui s’empare de chaque disque pour en parler, le faire connaitre, via mon site, via le travail de relations presse. Avec Florent Decornet pour le graphisme des pochettes et avec Cédric Beron, alias Disque Noir, pour le mastering. Ajoutons le travail de distribution d’Inouie à Saint-Etienne, qui nous suit depuis le début malgré nos grands écarts de styles… Et saluons le travail de terrain des disquaires indés !!!

Sans toutes ces énergies associées, Ouch ! Records ne serait pas possible car je n’aurais pas la capacité ni le temps de tout gérer.

 

A l’origine, il y a ton envie de rééditer le premier disque de uKanDanZ, Yetchalal, qui était épuisé, et surtout de l’éditer en vinyle. Il y a eu ensuite des co-prod avec Cristal Records, l’édition en vinyle d’Ellington in the Air de Louis Sclavis, et très vite l’édition de documents rares et originaux enregistrés en Guinée Conakry, une compil-relecture de la collection Ethiopiques, etc. Comment sont nés tous ces projets de disques ? Est-ce le résultat de tes envies, de rencontres ?

L.M. : Oui, chaque disque est lié à une histoire, une découverte, une rencontre, une discussion comme celles avec des passionnés passionnants : Frederic Migeon (ex Cristal records) qui a vécu en Guinée et connait très bien les musiciens d’avant 2000 et leur histoire. Ou Gilles Fruchaux éminent spécialiste de beaucoup de musiques du monde. Tous deux me connaissaient comme musicien et m’ont encouragé et soutenu dans cette entreprise de label indépendant en me confiant des enregistrements uniques. Avec Eric Mingus nous ne nous sommes rencontrés qu’après la sortie de son premier disque produit sur notre label : The Devil’s Weight. Nous avions été mis en relation par Raphael Benoit (de Citizen Jazz).

 

Le label a été aussi le moyen de publier tes propres disques. Est-ce que le fait d’avoir ton propre label a influé d’une manière ou d’une autre sur ta manière de faire de la musique (t’es-tu senti plus libre, t’es-tu autorisé plus de projets…) ?

L.M. : Avoir son propre label, comme sa propre structure administrative permet l’autonomie, c’est un gain de temps et d’énergie car sortir un disque est une réalité possible immédiate. Je veux dire par là que quand je travaille sur un nouveau projet, ou une nouvelle idée, si la musique a du sens d’être enregistrée et transférée sur une galette, nous le ferons… Mes 3 solos sont vraiment des fruits du label, rendu possibles grâce à l’arbre et ses racines, mais aussi avec le fluide qui l’arrose… Je repense au clip d’Arma lux dans lequel je récupère la sève de l’arbre… bleu…

 

La ligne édito du label : stricte dans sa liberté, «No Borders» dans les styles musicaux, c’est affinée en passant de « exclusivement vinyle » en « du vinyle chaque fois que possible », des éditions limitées pour collectionneurs et des pochettes recherchées. Comment fais-tu pour que l’ensemble soit si cohérent avec cette variété de style ? Est-ce que tu as une stratégie bien établie ?

L.M. : Comme pour ma vision de la musique et du saxophone, il n’y a pas de barrière entre Bérurier Noir et Stravinsky… qui a décidé d’en installer ? Certainement pas le peuple. On voit aujourd’hui de grands dirigeants qui s’adressent très bien à la population en ne parlant que de frontières… Nous sommes résolument contre les frontières, No Borders comme nous l’avons annoncé dès la création de Ouch ! La cohérence artistique tient peut-être au fait qu’il n’y en a pas. Seul l’intérêt musical et humain nous captive, l’âme, le fond des choses, c’est une cohérence en soit. C’est exigeant et radicale mais tellement riche !

 

Pourquoi ne t’es-tu pas strictement tenu au format vinyle ? Quelles sont les difficultés que tu as rencontrés ?

L.M. : Le vinyle à mon sens n’est pas le meilleur support pour toutes les musiques. Certaines sont plus appropriées au CD en fonction de l’enregistrement, du spectre, de la construction de l’œuvre, de même pour les K7 ! Ces deux supports ont aussi l’avantage de permettre de petits tirages.

Nous rencontrons des difficultés à faire grandir notre « aura », nous constatons que très peu d’auditeurs glissent d’un disque à l’autre. Notre proposition est très large mais la curiosité n’est pas toujours au rendez-vous. Notre mission est d’aider à s’affranchir des cases où l’on enferme la musique, de faire entendre que la poésie, la rage, la fougue, la liberté, la puissance, l’inventivité sont des composantes essentielles de ce qui anime notre catalogue. De ce fait même si nos disques peuvent surprendre et détonner, ils ne vieilliront pas, ne se démoderons pas. Nous avons constitué une belle discothèque et si certains de nos disques sont épuisés et déjà collectors, pas de doute que les albums que nous avons plus de mal à faire connaitre prendront le même chemin.

Vous verrez par exemple que les deux chefs d’œuvres que nous a confié Eric Mingus s’arracheront… car ce sont de véritables monuments !

 

Les plus gros succès du label ?

L.M. : Le premier succès a été le disque Jazz Before Jazz (avec Mario Stantchev) qui a reçu de nombreux prix. Deuxième succès avec mon premier SoloS et la couverture signée Robert Combas. Disque qui est parti très vite avec des retours très positifs de la part d’un public venant d’horizons très différents. Et aujourd’hui, c’est le carton avec les disques de No Suicide Act… qui sont très demandés (le 45T est épuisé, et nous pensons faire un retirage de l’album Interbellum dont il nous reste que très peu d’exemplaires)

 

L’avenir : comment vois-tu la suite pour le label ? Les prochaines sorties ?

L.M. : Il y a peu j’étais prêt à jeter l’éponge trouvant la mission trop difficile et le monde du disque saturé… Mais il y a tellement de surprises dans le monde underground, ce monde que l’on entend presque pas sur les ondes (sauf sur les radios indés, merci à elles !) que produire des disques est une forme de résistance… alors si c’est dur on résiste, on se bat… et Ouch !

Prenez dans les oreilles ce coup de marteau puissant et vif asséné par Pipon et Tony avec brutal Riddim, 30ème LP à l’origine de cet interview…. Viendra pour NSA, une version CD, le repressage d’Interbellum et peut être même un nouveau 45T pour très bientôt…

Côté jazz, nous venons de sortir Letter To The World avec le batteur Sangoma Everett qui donne beaucoup d’éléments en réponse à toutes ces questions qui nous animent…

Profitez de cette discographie riche et variée, merci à tous de votre intérêt et soutien

 

 

 

 

No Suicide Act dans les Inrockuptibles

No Suicide Act dans les Inrockuptibles

No Suicide Act dans les Inrockuptibles

No Suicide Act - pochette 45t -28062024Après un premier maxi en 2023 chez Archives de la Zone Mondiale, No Suicide Act (NSA) – formé de FanXoa, ex-chanteur de Bérurier Noir et de Madsaxx (Lionel Martin), saxophoniste de Ukandanz, est de retour ce 28 juin, sur le label Ouch! Records, avec 45 tours DiY qui respire l’air du temps. Deux titres coups de poing inédits en prélude à un album pour cet automne et un premier concert à Montréal aux Foufounes Electriques le 7 septembre 2024.

Energie, urgence, « Je suis une erreur » titre aux accents pamphlétaires répond à l’injonction de la perfection et « Quel temps fait-il ? », résonne comme une ode à l’abolition du feu et des armes.

Le tranchant des mots et la voix de FanXoa disent comme personne les tragédies humaines. Avec son Baryton, utilisé comme une guitare saturée, Madsaxx souffle sa matière sonore sans retenue. Né dans le sillon du projet PIND (sur l’histoire de la scène punk en France de 1976 à nos jours), No Suicide Act est dans l’action, tout en adrénaline. Le duo est une passerelle musicale entre énergie électro-punk et free jazz..

A l’occasion de la sortie du disque FanXoa et Madsaxx ont été longuement interviewé par Jérôme Provençal, des Inrockuptibles.

 

L’article – No Suicide Act : quand un ex-Bérurier Noir rencontre un jazzman – est sorti le 19 juin 2024

 

Article des Inrockuptibles No Suicide Act : quand un ex-Bérurier Noir rencontre un jazzman - 190624

 

« Je suis une erreur » et « Quel temps fait-il ? » : premier tirage limité « fait maison » à 300 exemplaires numérotés (deux visuels). A acheter ici : Bandcamp Ouch!Records